« Aujourd’hui, je me sens davantage capable d’accompagner des élèves présentant une déficience visuelle »

Enseignante de formation et aujourd’hui agente au sein du Pôle Territorial Mons-Borinage, Camille Latin accompagne au quotidien des élèves à besoins spécifiques et les équipes éducatives. Soucieuse d’enrichir ses pratiques et de mieux répondre aux réalités rencontrées sur le terrain, elle a choisi de suivre le Certificat d’Université en basse vision organisé par l’UMONS et les Amis des Aveugles et Malvoyants. Une formation qui lui a permis de poser un nouveau regard sur la déficience visuelle, mais aussi plus largement sur l’inclusion.
À 27 ans, Camille Latin a déjà fait de la formation continue un véritable fil conducteur de son parcours professionnel.
Après un bachelier d’enseignante en histoire-géographie, elle poursuit une spécialisation en orthopédagogie afin de mieux comprendre et accompagner les apprenants à besoins spécifiques. Depuis 2024, elle complète également son parcours par un Master en Sciences de l’Éducation.
Depuis la rentrée scolaire 2023, Camille travaille au sein du Pôle Territorial Mons-Borinage. Elle y accompagne notamment des élèves en intégration permanente totale (IPT), mais intervient également auprès des équipes éducatives afin de les aider à mettre en place des aménagements raisonnables et universels.
Un métier particulièrement polyvalent qui l’amène à rencontrer des jeunes aux profils et besoins très différents.
« J’ai compris la nécessité de continuer à me former et d’apprendre pour aider au mieux les élèves que je serais amenée à côtoyer. »
Malgré son parcours dans l’enseignement et sa spécialisation en orthopédagogie, Camille n’avait jamais reçu de formation spécifique à la basse vision.
Un constat qui, selon elle, illustre un enjeu plus large : la nécessité de mieux préparer les professionnels de l’enseignement à la diversité des situations qu’ils peuvent rencontrer.
Avec le développement de l’inclusion scolaire, les enseignants sont en effet amenés à accueillir des profils de plus en plus diversifiés au sein de leurs classes. Pourtant, la formation consacrée à certains handicaps, et notamment aux déficiences sensorielles, reste encore limitée.
Au-delà des connaissances et des outils, Camille insiste également sur la nécessité de travailler sur les représentations qui entourent encore la cécité et la malvoyance.
« Former les futurs professionnels ne consiste pas uniquement à leur transmettre des connaissances et des outils pédagogiques : c’est aussi leur permettre de mieux connaître la réalité des personnes en situation de handicap, de dépasser certaines appréhensions et de développer une posture plus ouverte et plus confiante face à la diversité des élèves. »
C’est notamment cette volonté de mieux comprendre la déficience visuelle qui l’a poussée à s’inscrire au Certificat d’Université en basse vision.
Si les premiers cours lui ont permis d’acquérir les notions et le vocabulaire indispensables pour comprendre la basse vision, Camille retient surtout la dimension progressivement très concrète de la formation.
Adaptation des contenus pédagogiques, accessibilité des bâtiments et de la voirie, environnement, accessibilité numérique… Les thématiques abordées lui ont permis de découvrir de nombreux outils et pistes d’action directement transposables dans son quotidien professionnel.
« C’est vraiment cette dimension concrète et directement transférable dans la pratique professionnelle que j’ai trouvée la plus enrichissante. »
Aujourd’hui, Camille estime ainsi être mieux préparée pour accompagner un élève aveugle ou malvoyant, mais également pour conseiller les enseignants confrontés à ce type de situation.
La formation lui a aussi donné de nouveaux réflexes pour questionner plus largement l’accessibilité d’un environnement et les besoins spécifiques de chaque élève.
« Aujourd’hui, je me sens davantage capable d’accompagner des élèves présentant une déficience visuelle, mais aussi de répondre aux questions et aux besoins des enseignants. »
Autre point fort du Certificat selon Camille : la diversité des professionnels qui interviennent tout au long de la formation.
Plutôt que de proposer une seule lecture de la basse vision, le programme permet de croiser les expertises et d'aborder la déficience visuelle sous différents angles.
Une approche pluridisciplinaire que Camille a particulièrement appréciée, tout comme le système d’évaluation par portfolio. Celui-ci lui a permis de mesurer non seulement les connaissances acquises, mais également le chemin parcouru depuis le début de la formation.
L’organisation en horaire décalé a également joué un rôle déterminant dans son choix. Travaillant en journée tout en suivant un Master en Sciences de l’Éducation, Camille a pu intégrer les cours organisés en soirée et le samedi à son emploi du temps.
Parmi les moments marquants de son parcours, Camille retient particulièrement son stage réalisé au CPESM de Ghlin.
Au contact direct d’élèves présentant une déficience visuelle et des enseignants qui les accompagnent au quotidien, elle a pu confronter les apprentissages du Certificat aux réalités du terrain.
« Cette expérience a constitué un véritable déclic pour moi, parce qu’elle m’a permis de mieux comprendre concrètement les réalités auxquelles ces élèves et ces professionnels sont confrontés. »
Cette immersion a renforcé son envie de contribuer à faire évoluer les pratiques et les représentations autour du handicap.
Car au-delà de la basse vision, Camille ressort du Certificat avec une réflexion plus globale sur la place du handicap et de la diversité dans notre société.
Dans son quotidien professionnel, elle souhaite désormais poursuivre et renforcer ses actions de sensibilisation, non seulement auprès des élèves, mais aussi auprès des enseignants.
Son objectif : permettre aux professionnels de se sentir plus à l’aise et mieux outillés lorsqu’ils rencontrent une situation qu’ils connaissent moins.
« Si nous parvenons à créer des environnements scolaires dans lesquels chacun peut trouver sa place, quelles que soient ses particularités ou ses besoins, nous contribuons aussi à faire évoluer les représentations des autres élèves et, progressivement, celles de la société dans son ensemble. »
À celles et ceux qui hésiteraient encore à franchir le pas, Camille retient trois grandes forces du programme.
« L’enjeu n’est pas simplement de savoir comment “aider” une personne en situation de handicap, mais plutôt de réfléchir à la manière dont nous pouvons construire un environnement dans lequel chacun peut participer pleinement à la société. »
Une réflexion qui résume finalement bien son expérience du Certificat : acquérir des connaissances et des outils, certes, mais surtout apprendre à porter un autre regard sur les différences et sur la place que chacun peut occuper dans notre société.
Une expérience qui conforte Camille dans une conviction : la diversité n’est pas un obstacle à contourner, mais une richesse à prendre en compte pour construire des environnements véritablement inclusifs.
Envie de développer vos compétences en basse vision ? La prochaine édition du Certificat débutera le 6 octobre 2026.
Retrouvez le programme et toutes les modalités d’inscription sur le site de l’UMONS :
https://web.umons.ac.be/fpse/fr/formations/cu-basvis/