Lunettes Meta : une nouvelle technologie au service de la déficience visuelle
Les lunettes META, un nouvel outil au service de la déficience visuelle.

Et si une paire de lunettes pouvait vous aider à lire un document, identifier un objet, écouter de la musique ou encore contacter une personne à distance, simplement grâce à la voix ?
Les lunettes connectées Meta en collaboration avec Ray-Ban sont à la deuxième génération et ouvrent de nouvelles disponibilités pour les personnes présentant une déficience visuelle grâce à leur caméra, leurs microphones, leurs haut-parleurs et l’intelligence artificielle, elles constituent un outil complémentaire qui peut faciliter certaines activités dela vie quotidienne.
A première vue, les lunettes Meta ressemblent à des lunettes classiques grâce au design connu de la marque Ray-Ban. Pourtant, elles intègrent une véritable technologie embarquée : une caméra qui permet de photographier ou de filmer ce qui se trouve devant l’utilisateur, des microphones captent la voix et les haut-parleurs intégrés dans les branches lui transmettent les informations. L’autonomie de la batterie est de 4h pour la 2ème génération.
L’utilisation se fait principalement par commande vocale. Il suffit de dire « Hey Meta » pour poser une question ou demander une action. Cette utilisation mains libres représente un intérêt particulier pour une personne déficiente visuelle, puisqu’elle permet d’accéder à certaines informations sans devoir constamment manipuler son smartphone.
L’un des principaux intérêts des lunettes concerne l’accès à l’information visuelle et notamment la lecture. La personne peut présenter un document devant la caméra et demander à l’intelligence artificielle de lui lire le contenu. Elle peut également aider pour lire une étiquette, une notice, un menu, une inscription ou identifier un produit. Il est aussi possible de demander une description d’une photographie ou d’une scène. Cette technologie peut ainsi apporter une aide ponctuelle dans de nombreuses situations du quotidien, lorsque la personne souhaite obtenir rapidement une information sans devoir sortir son téléphone, prendre une photo et utiliser une application spécifique.
Les possibilités sont encore plus importantes lorsque les lunettes sont associées à certaines applications. Be My Eyes, par exemple, permet de mettre en relation une personne déficiente visuelle avec un bénévole voyant. Grâce à la caméra des lunettes, le bénévole peut voir ce que regarde l’utilisateur et lui apporter une aide à distance plus précise qu’avec le pointage du smartphone. Cette application est particulièrement intéressante lorsque l’intelligence artificielle ne parvient pas à interpréter correctement une situation ou lorsqu’une intervention humaine est nécessaire.
Les lunettes peuvent également être utilisées avec OOrion, une application pensée pour les personnes déficientes visuelles. Elle permet notamment d’identifier des objets, de recherche un élément dans l’environnement, de lire ou de rechercher du texte et d’obtenir des descriptions. L’utilisation avec les lunettes permet de bénéficier de ces fonctions tout en gardant les mains libres. Les lunettes peuvent également être associées à des applications de communication et de divertissement telles que WhatsApp ou Spotify. Il devient alors possible de téléphoner, d’échanger avec ses proches ou encore d’écouter de la musique et des podcasts directement à travers les haut-parleurs intégrés aux lunettes.
Derrière toutes ces fonctionnalités se trouve l’application Meta AI, qui joue un rôle central dans le fonctionnement de cet outil. Les lunettes doivent être associées à un smartphone sur lequel l’application est installée. Celle-ci permet notamment de configurer les lunettes, de gérer les différents paramètres et autorisations, de connecter certaines applications et d’effectuer les mises à jour. Le smartphone reste donc indispensable à l’utilisation de cette nouvelle technologie.
Les lunettes sont compatibles sous système d’exploitation Android ou ios. Cependant, au-delà de la compatibilité technique, un élément essentiel doit être pris en compte dans le cadre de la déficience visuelle: la maîtrise du smartphone. Pour profiter pleinement des lunettes, il est nécessaire de savoir utiliser les fonctions de base de son téléphone, de gérer les applications, les connexions et les autorisations, mais également de comprendre le fonctionnement général de Meta AI. Pour une personne utilisant le lecteur d’écran, une bonne maitrise de l’accessibilité de son smartphone est également importante.
Il faut également garder à l’esprit les limites actuelles de l’intelligence artificielle. Si celle-ci est capable de reconnaître et de décrire de nombreux éléments, elle peut aussi se tromper, manquer une information ou interpréter une situation. Pour cette raison, les lunettes ne constituent actuellement pas une solution permettant de sécuriser les déplacements d’une personne déficiente visuelle. Elles ne remplacent ni la canne blanche, ni le chien guide, ni les techniques de locomotion. Elles doivent plutôt être considérées comme un outil complémentaire permettant d’améliorer l’accès à l’information et de faciliter certaines activités de la vie quotidienne.
Dans le cadre de notre accompagnement thérapeutique, nous avons également mis en place une collaboration avec Optique Cécile (opticien situé à Saint-Ghislain), qui nous met à disposition les lunettes Meta afin de les tester au sein de notre CRF.
Lorsque l’achat est envisagé, l’ergothérapeute peut intervenir auprès du bénéficiaire afin de l’accompagner dans le choix des lunettes, leur configuration et leur mise en route en collaboration avec Optique Cécile. Ils nous proposent un rendez-vous afin de nous recevoir dans les meilleures conditions et vous accompagner dans cet achat.
Les lunettes Meta représentent ainsi une technologie particulièrement prometteuse pour la déficience visuelle. Leur intérêt ne réside pas dans le fait de remplacer les aides techniques existantes, mais plutôt dans la possibilité de combiner intelligence artificielle, commande vocale, caméra et applications spécialisées pour apporter une aide supplémentaire dans la vie quotidienne.
Comme pour toute nouvelle technologie, leur pertinence doit toutefois être évaluée en fonction des besoins, des capacités et de l’environnement de chaque personne.
Laura, ergothépeute au sein du Pôle Autonomie et Inclusion de l'association.
