Retrouvez l'interview de Françoise Mahieu, enseignante à l’Institut Provincial des Métiers d'Art de Mons.

Le Service Résidentiel pour Adultes, toujours soucieux de développer de nouveau projets inclusifs pour ses résidents, a établi en septembre 2025 un partenariat avec l’Institut provincial des Métiers d'Art de Mons.
Tous les mercredis après-midi, 5 bénéficiaires (Valéry, Laurent, Jonathan, Alison et Sylvie) ont reçu une initiation aux loisirs créatifs (poterie, mosaïque, peinture,…).
Je suis enseignante et céramiste, ma formation de base est celle d’éducatrice spécialisée Je travaille dans l’enseignement, mais aussi auparavant dans un centre de jour accueillant des personnes en perte d’autonomie, notamment en début de démence. Ce centre était rattaché à une maison de repos. J’y étais en charge de l’accompagnement des résidents ainsi que de la mise en place des activités quotidiennes.
Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas un choix initial de ma part. Je donne des cours aux Métiers d’Art de Mons depuis deux ans. Cette année, la direction m’a proposé d’intervenir auprès de personnes présentant une déficience visuelle, et j’ai accepté. Même si je ne connaissais pas bien ce public, je me suis dit que cela pouvait être une expérience très enrichissante.

C’est le SRA qui a pris l’initiative de contacter l’école afin d’inscrire les résidents. Il me semble que ce type de collaboration avait déjà existé auparavant.
Je prépare (dans la mesure du possible) les projets à l’avance afin que les participants puissent manipuler un objet terminé avant de commencer. Cela leur permet de mieux se représenter ce que l’on va réaliser. Nous avons commencé par des projets simples, en utilisant un vocabulaire adapté (par exemple « crêpe » pour une plaque de terre). Le travail s’est fait progressivement, avec un accompagnement individualisé.
Oui, tout à fait. La céramique permet de percevoir les formes, les volumes et les textures par le toucher, ce qui la rend particulièrement adaptée.
Les participants ont gagné en autonomie. Ils reconnaissaient les outils, les gestes et les consignes, et savaient rapidement comment s’organiser.
Cela leur permet de sortir du cadre institutionnel, de créer, de rencontrer d’autres personnes et d’avoir la satisfaction de repartir avec un objet réalisé par eux-mêmes.
Un résident, Valéry, lors d’un exercice, il a directement réalisé une tasse sans attendre les consignes complètes, puis a enchaîné avec d’autres formes.
Il s’agit de masques inspirés du cubisme. Les participants ont d’abord travaillé avec des gabarits en carton, puis ont reproduit leur création en terre en relief. L’émaillage a été réalisé avec une technique de masquage pour faciliter l’application des couleurs.

Ils ont été impliqués à chaque étape : conception, réalisation enterre et finitions, avec un accompagnement adapté.
Une forme d’expression personnelle. Chaque masque est unique et reflète l a sensibilité de la personne qui l’a créée.
Que, même avec un point de départ commun, chacun peut créer quelquechose d’unique. Chaque masque reflète la personne qui l’a réalisé.
Une expérience très enrichissante humainement et professionnellement. Oui, je souhaiterais renouveler ce type de projet.
D’oser se lancer. Cela demande de l’adaptation et du travail, mais c’est une expérience très gratifiante.